L’année 2024 a été marquée par la préparation de la suite de la cohorte HEPATHER dont la date de fin était programmée au 31 décembre 2024.
Hepat-B proposera de prolonger le suivi des patients atteints d’hépatite B inclus dans Hepather jusqu’en 2029, avec la réalisation de nouvelles collections biologiques. Cette cohorte est particulièrement pertinente à l’aune de l’arrivée de nouvelles stratégies thérapeutiques de l’hépatite B. Pour les patients atteints d’hépatite C inclus dans Hepather, le suivi dans la cohorte s’arrête au 31 décembre 2024, mais les études valorisant les données collectées dans la cohorte ou exploitant celles du SNDS continuent !
La cohorte Hepat-B est soutenue par l’ANRS-MIE et devrait être installée en 2025.
Au cours de l’année 2024, trois travaux importants (qui devraient être publiés en 2025) ont été réalisés chez les patients atteints d’hépatite B. Ils ont spécifiquement porté
1) sur les risques de complications hépatiques et de mise sous traitement des patients dits dans la « zone grise » – c.a.d. ayant une charge virale B supérieure à 2000 Unités/mL mais inférieure à 20 000 Unités / mL ou ayant des transminases hépatiques supérieure à la limite normale supérieure mais inférieure à 2 fois cette limite supérieure. Les analyses qui portaient sur 746 patient de la cohorte hepather montre que le risque de cancer du foie, de décompensation de cirrhose sont de même ordre que ceux observés chez les patients avec infection chronique HBe- et non différents de ceux de la population générale de même âge et sexe. En revanche, chez ces sujets de la « zone grise », la chance d’une négativation de l’antigène HBs (marqueur de guérison fonctionnelle de l’hépatite B) restait plus faible.
2) la caractérisation et le pronostique des patients co/sur-infectés par le virus Delta en plus du virus B comparé à des patients monoinfectés par le virus B. Un travail exploratoire montre la gravité plus importante de la maladie hépatique chez ces patients Delta.
3) l’évaluation du suivi par imagerie pour le dépistage de carcinome hépatocellulaire chez les patients avec fibrose avancé et/ou score de PAGE-B supérieur ou égal à 10. Ce travail montre la pertinence de ce dépistage chez les patients avec fibrose avancé, mais ne justifie pas la réalisation de celui-ci chez les patients avec score de PAGE-B supérieur ou égal à 10 qui n’ont pas de fibrose avancée.
Ces travaux ont fait l’objet de présentations lors du congrès de l’AFEF, et à l’AASDL (congrès américain des maladies du foie) en 2024.
Les 3 publications de 2024 portent sur les modifications avant et après traitement par antiviraux directs de la qualité de vie explorée dans 8 dimensions grâce à l’outil PRO-QOL 1, et deux travaux sur l’impact de la vulnérabilité sociale ou de la consommation de drogues par voie intraveineuse sur l’évolution de la maladie hépatique après traitement de l’hépatite C. 23
1 Abbas M, Patrizia C, Fabienne M, et al. Minimal clinically important differences in health-related quality of life after treatment with direct-acting antivirals for chronic hepatitis C: ANRS CO22 HEPATHER cohort (PROQOL-HCV). Qual Life Res 2024; 33: 1527–40.
2 Barré T, Bourlière M, Parlati L, et al. Hepatitis C virus cure from direct-acting antivirals and mortality: Are people with and without a history of injection drug use in the same boat? (ANRS CO22 Hepather cohort). Drug Alcohol Rev 2024; 43: 718–31.
3 Barré T, Parlati L, Bourlière M, et al. Socioeconomic Deprivation Weighs Heavily on Liver Fibrosis and Mortality After Hepatitis C Cure (ANRS CO22 Hepather). J Viral Hepat 2024; 31: 830–46.